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Mie, le terroir japonais du matcha Milia Matcha

Mie, le terroir japonais du matcha Milia Matcha

Guide

Mie, le terroir japonais du matcha Milia Matcha


Une région théière millénaire, troisième productrice de thé du Japon.

La préfecture de Mie, sur la côte pacifique du Japon, est la troisième région productrice de thé du pays et la première pour les thés ombragés de type kabusecha. C’est là, dans une exploitation familiale du nord de la préfecture, que pousse l’Okumidori de tous nos matcha.

Où se trouve la préfecture de Mie ?

Mie s’étire le long de la côte pacifique de l’île de Honshū, entre Nagoya et Osaka, à la limite orientale de la région du Kansai. Une terre de collines, de rivières et de rizières adossée aux monts Suzuka, avec une côte découpée en baies et en presqu’îles vers le sud. Au Japon, tout le monde connaît Mie pour trois choses : le grand sanctuaire d’Ise, le bœuf de Matsusaka, et la mer, avec ses perles et ses plongeuses. Peu de gens savent que c’est aussi une terre de thé depuis plus de mille ans.


Ise, le sanctuaire le plus sacré du Japon, à moins d’une heure de nos champs

Le sanctuaire d’Ise (Ise Jingū) est le lieu le plus sacré du shintoïsme, dédié à Amaterasu, la déesse du soleil dont la famille impériale se dit descendante. Depuis plus de 1 300 ans, ses bâtiments de bois sont démontés et reconstruits à l’identique tous les vingt ans, selon les mêmes gestes : c’est le même sanctuaire, et il est toujours neuf. Un proverbe japonais veut que chacun s’y rende au moins une fois dans sa vie, et le pèlerinage d’Ise a été, dès l’époque d’Edo, le grand voyage populaire du pays[1].

Nos champs de matcha se trouvent à moins d’une heure de route de ce sanctuaire. Ce n’est pas un détail : la région d’Ise a été, pendant des siècles, un lieu de passage et de commerce où le thé local, l’Ise-cha, s’est fait connaître des pèlerins venus de tout le Japon.

Une région de thé depuis l’an 900

Point de vente physique Milia Matcha

Nos plantations de matcha Okumidori à Mie, Japon. © Milia Matcha

La culture du thé à Mie est l’une des plus anciennes du Japon. Les archives de la préfecture en font remonter la trace à l’ère Engi, vers l’an 900, au temple Jōrin-ji, dans l’actuelle ville de Yokkaichi, où un moine cultivait déjà du thé et l’avait fait connaître aux habitants[2]. Au début de l’époque Kamakura, le moine Myōe aurait planté à Ise-Kawakami des graines reçues du maître zen Eisai, celui-là même qui avait rapporté le thé de Chine en 1191[3].

Au début de l’ère Meiji, Mie comptait plus de 4 000 hectares de théiers, davantage que Shizuoka, avec un pic de 4 419 hectares en 1892, année des premières statistiques officielles[2]. C’est aussi de Mie qu’est originaire Ōtani Kahei (1845-1933), natif de Matsusaka, fondateur de l’organisation nationale de l’industrie du thé et surnommé « le saint du thé » pour son travail sur la qualité[3].

Pendant longtemps, le thé de Mie a pourtant été vendu en vrac, pour être mélangé à celui de régions plus connues. Pour lui rendre son identité, les coopératives de la préfecture ont déposé la marque collective « Ise-cha » (thé d’Ise) en avril 2007, qui désigne aujourd’hui l’ensemble des thés verts produits dans la préfecture[4].

Pourquoi Mie est-elle une terre de thé ?

Mie bénéficie d’un climat tempéré et humide, de sols bien drainés et d’un relief qui protège les parcelles. Deux bassins se partagent la production[3][5] :

  • Hokusei, au nord (Yokkaichi, Suzuka, Kameyama, Inabe), sur les collines douces au pied des monts Suzuka : environ 70 % de la production de la préfecture, et le cœur de sa spécialité, le kabusecha, un thé ombragé une quinzaine de jours avant récolte, au vert éclatant et à la douceur marquée.

  • Nansei, au sud (Matsusaka, Watarai, Ōdai, Taki), dans les vallées des rivières Miyagawa et Kushida : des parcelles en pente et en bord de rivière, réputées pour leurs sencha et fukamushi sencha (sencha longuement étuvés).

Avec environ 5 000 tonnes de thé brut par an sur quelque 2 600 hectares, Mie se classe troisième au Japon, derrière Shizuoka et Kagoshima. Pour le kabusecha, elle est première, avec près de 60 % du volume national[2][6]. Cette culture de l’ombrage, ancrée depuis des décennies, est un atout évident pour le matcha, qui repose sur le même principe poussé plus loin.

C’est dans ce terroir, dans le nord de la préfecture, près de Yokkaichi, là où tout a commencé il y a onze siècles, que nous travaillons avec un producteur indépendant, héritier d’une plantation familiale transmise depuis plus de 60 ans. Il cultive, sur une exploitation de plus de 20 hectares, le cultivar Okumidori qui donne notre matcha, ombragé trois à quatre semaines avant la première récolte de l’année.

Pour aller plus loin

Les cultivars du matcha

Mie a d’ailleurs un lien direct avec l’histoire de ce cultivar : la préfecture fait partie des sites d’essai retenus dès les années 1970 par l’institut national de recherche sur le thé, et a commencé à le planter en 1999, aux côtés de Kyoto, pour étaler la période de récolte[7]. Le Yabukita reste toutefois très dominant dans la région, avec plus de 80 % des surfaces : l’Okumidori y demeure un choix de producteurs exigeants.

Point de vente physique Milia Matcha

Nos plantations de matcha Okumidori à Mie, Japon. © Milia Matcha

Les ama, les femmes de la mer

On ne peut pas parler de Mie sans parler de ses ama, littéralement « femmes de la mer ». Depuis plus de 1 300 ans, sur les côtes de Toba et de Shima, des femmes plongent en apnée, sans bouteille, pour ramasser ormeaux, turbos, oursins et algues. Les archives mentionnent des ormeaux expédiés d’ici vers la capitale dès l’an 745, et les coquilles retrouvées dans les sites préhistoriques de la côte laissent penser que la pratique est bien plus ancienne encore[8].

Toba et Shima abritent aujourd’hui environ la moitié des ama du Japon, et cette tradition féminine, transmise de mère en fille, a été la première du pays à être reconnue patrimoine culturel immatériel de la préfecture, en 2014, avant d’entrer au Patrimoine japonais en 2019[8][9]. C’est aussi à elles que Kōkichi Mikimoto, natif de Toba, a fait appel lorsqu’il a inventé la perle de culture, en 1893 : ce sont les ama qui plongeaient pour poser et relever les huîtres perlières.

Ces femmes disent quelque chose de Mie : un rapport à la nature fait de patience, de gestes précis et de respect des saisons. C’est le même esprit que l’on retrouve dans les champs de thé, à quelques dizaines de kilomètres de là.

Mie vs Uji : ce que l’étiquette ne dit pas

Uji, dans la préfecture de Kyoto, est la région la plus célèbre du matcha japonais : c’est là que la culture ombragée et la cérémonie du thé se sont développées, et le nom « Uji » agit presque comme un gage de qualité à lui seul.

Ce que peu de gens savent, c’est ce que recouvre réellement l’appellation. La définition officielle du « thé d’Uji », fixée par le conseil de l’industrie du thé de la préfecture de Kyoto, autorise des feuilles cultivées dans quatre préfectures : Kyoto, Nara, Shiga et Mie, à condition que le thé soit fini et conditionné à Kyoto par une entreprise de Kyoto. Il n’existe aucune proportion minimale de feuilles de Kyoto : une règle de 50 % avait été envisagée en 2003, puis abandonnée faute de feuilles de Kyoto en quantité suffisante ; le texte adopté dit seulement que Kyoto est « prioritaire »[10]. Et pour cause : Kyoto produit environ 2 600 tonnes de thé par an, Mie le double[6].

Autrement dit, une part importante de ce qui se vend sous le nom d’Uji pousse ailleurs, et Mie, avec ses thés ombragés au vert profond, fait partie des terroirs qui alimentent l’appellation. Mie n’a pas la notoriété d’Uji, mais elle a des feuilles qu’Uji est heureux d’utiliser.

Une nuance à connaître pour le matcha en particulier : contrairement à une idée reçue, Kyoto n’est plus le premier producteur de tencha, la feuille dont on fait le matcha. Depuis 2020, c’est Kagoshima qui domine en volume, avec 38 % de la production nationale en 2023 contre 23 % pour Kyoto[6]. Chez Milia Matcha, la question ne se pose pas : notre matcha est 100 % Mie, 100 % Okumidori, issu d’une seule exploitation.

Mie vs Kagoshima : deux échelles

Kagoshima, tout au sud du Japon, sur l’île de Kyūshū, est devenue en 2024 la première préfecture productrice de thé du pays, et la première pour le tencha[6]. Son modèle est celui de la grande échelle : de vastes parcelles de plaine, une récolte et un ombrage largement mécanisés, une production organisée pour le volume et l’export, proche de l’industriel. C’est ce qui lui permet d’alimenter une bonne partie du matcha vendu dans le monde.

Mie est à l’autre bout du spectre : une production plus fragmentée, portée par des exploitations familiales de taille moyenne, sur des collines où les parcelles se travaillent encore en grande partie à la main. C’est ce modèle-là que nous avons choisi, avec la famille qui cultive notre Okumidori depuis plus de 60 ans.

Le matcha Milia Matcha : un seul terroir, une seule famille

Point de vente physique Milia Matcha

Notre producteur de matcha Okumidori à Mie, Japon. © Milia Matcha


Chez Milia Matcha, tout notre matcha provient de la même famille productrice, installée près de Yokkaichi depuis plus de 60 ans. Ce lien direct et continu avec un seul terroir permet une traçabilité complète, de la parcelle jusqu’à la mise en canette, et une régularité de goût d’une récolte à l’autre.

Pour en savoir plus

Notre matcha

En résumé


Mie n’a pas la notoriété immédiate d’Uji, mais c’est une région théière millénaire, troisième du Japon, première pour les thés ombragés, et l’un des terroirs discrets derrière l’appellation Uji elle-même. C’est aussi la terre du sanctuaire d’Ise et des plongeuses ama. C’est le terroir que nous avons choisi depuis nos débuts, et celui que nous continuerons de défendre.

Questions fréquentes

Le matcha contient-il de la caféine ?

Oui, le matcha contient de la caféine, mais sa libération est progressive grâce à la L-théanine qu'il contient naturellement. Contrairement au café, l'énergie ressentie est plus stable dans le temps, sans pic ni chute brutale.

Peut-on préparer le matcha avec du lait ?

Tout à fait, c'est même la base du matcha latte. Il suffit d'émulsionner le matcha dans un peu d'eau chaude (environ 70°C) avant d'ajouter le lait, pour éviter la formation de grumeaux.

Quelle est la différence entre matcha cérémonie et matcha culinaire ?

Le matcha cérémonie provient des premières récoltes et se déguste pur, dilué à l'eau. Le matcha culinaire, plus corsé, est destiné aux préparations comme les lattes, pâtisseries ou smoothies, où il se marie avec d'autres ingrédients.

Le matcha de Mie est-il moins bon que celui d'Uji ?

Non. La qualité d'un matcha dépend du cultivar, de l'ombrage, de la récolte et du savoir-faire du producteur, pas de la notoriété de la région. L'appellation « thé d'Uji » autorise d'ailleurs des feuilles cultivées à Mie : une partie du thé vendu sous le nom d'Uji vient de terroirs comme le nôtre.

Pourquoi Milia Matcha a-t-elle choisi Mie plutôt qu'Uji ou Kagoshima ?

Nous travaillons avec une même famille productrice près de Yokkaichi depuis plus de 60 ans, ce qui garantit une traçabilité complète et une régularité de goût. Le choix s'est porté sur cette exploitation pour la qualité de son Okumidori, plus que sur la notoriété de la région.

Depuis quand la région de Mie cultive-t-elle du thé ?

Depuis plus de mille ans : les archives en font remonter la trace vers l'an 900, au temple Jōrin-ji de Yokkaichi. Au début de l'époque Kamakura, le moine Myōe y aurait planté des graines reçues d'Eisai, qui avait rapporté le thé de Chine en 1191.

Qu'est-ce que l'Ise-cha ?

C'est le nom collectif des thés verts produits dans la préfecture de Mie, déposé comme marque régionale en 2007. Il regroupe le kabusecha du nord, les sencha et fukamushi sencha du sud, et les tencha destinés au matcha.

Que voir à Mie si l'on aime le matcha ?

Le sanctuaire d'Ise et sa rue marchande Okage-yokochō, les plongeuses ama de Toba et de Shima, et les collines de thé de Yokkaichi et Suzuka, à moins d'une heure les unes des autres.

Sources

[1] Ise Jingū, site officiel du sanctuaire, et Agence japonaise du tourisme : le pèlerinage d’Ise (O-Ise-mairi) et la reconstruction vicennale (shikinen sengū). https://www.isejingu.or.jp/en/

[2] Préfecture de Mie, Direction de l’agriculture. 三重県のお茶 (le thé de Mie) : histoire, surfaces, production. https://www.pref.mie.lg.jp/NOUSAN/HP/77019045892.htm

[3] MAFF, Ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche. 伊勢茶, Nippon dentō shoku zukan(encyclopédie des aliments traditionnels). https://www.maff.go.jp/j/keikaku/syokubunka/traditional-foods/menu/ise_tya.html

[4] Office japonais des brevets (JPO), marques collectives régionales. « 伊勢茶 », enregistrée le 13 avril 2007.

[5] JA Zennoh Mie. 伊勢茶の種類 (les types d’Ise-cha et leurs zones de production). https://www.zennoh.or.jp/me/product/tea/type/

[6] MAFF (2024). 茶をめぐる情勢 : production par préfecture et par type de thé, données 2023. https://www.maff.go.jp/j/seisan/tokusan/cha/

[7] Yagi, C., Ikeda, N., & Sato, D. (2010). Characteristics of eight Japanese tea cultivars. Fruits and Nuts, F_N-15. University of Hawaiʻi at Mānoa, CTAHR.

[8] Préfecture de Mie, patrimoine culturel. 海女習俗 (les coutumes des ama de Toba et Shima). https://www.pref.mie.lg.jp/common/04/000063473.htm

[9] Agence japonaise des affaires culturelles, Patrimoine japonais. 海女に出逢えるまち 鳥羽・志摩 (2019). https://japan-heritage.bunka.go.jp/ja/stories/story073/

[10] Conseil de l’industrie du thé de la préfecture de Kyoto (京都府茶業会議所). Définition officielle du thé d’Uji (2004) et « Uji-cha Q&A ». https://ujicha.or.jp/knowledge/qa/


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