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Guide
Article publié le 16 septembre 2026.
Impossible de passer à côté, sur les réseaux sociaux, des vidéos alarmistes sur le thé vert, le matcha et le fer. Entre témoignages viraux et raccourcis, le sujet suscite beaucoup de questions, et pas mal de confusion.
Nous avons donc voulu faire le point sur ce que disent réellement les études, et surtout vous donner des repères simples pour intégrer nos matcha à votre routine sans fragiliser vos apports en fer.
Si vous débutez avec le matcha
Notre guide complet sur le matcha
Le matcha, comme tout thé vert, est riche en polyphénols, et notamment en catéchines, les composés auxquels il doit ses propriétés antioxydantes. Ces mêmes molécules ont la particularité de se lier au fer de certains aliments dans l'intestin, ce qui en réduit l'absorption.
Pour comprendre l'enjeu, il faut savoir qu'il existe deux types de fer dans notre alimentation :
Les polyphénols du matcha se fixent sur ce second type de fer et forment des complexes que l'intestin absorbe mal. Concrètement, une partie du fer végétal d'un repas devient moins disponible si un matcha est bu en même temps.
Un point d’honnêteté
Le matcha étant une feuille entière réduite en poudre, une tasse apporte autant de polyphénols qu’une à trois tasses de thé infusé[3]. Il n’y a donc aucune raison de penser que le matcha « échappe » au phénomène. La bonne nouvelle, c’est que l’effet dépend presque entièrement du moment où vous le buvez.
En 2017, une équipe britannique a mesuré, chez douze femmes en bonne santé, l'absorption du fer d'un repas selon trois situations : avec de l'eau, avec une tasse de thé noir pendant le repas, et avec la même tasse de thé bue une heure après[4].
Résultat : bu pendant le repas, le thé réduisait l'absorption du fer végétal d'environ 37 %. Bu une heure après, l'effet tombait à 18 %, soit deux fois moins. Cette étude porte sur du thé noir, pas sur du matcha, mais le mécanisme est le même pour tous les thés riches en polyphénols. Des travaux plus anciens l'ont confirmé pour le thé vert[5], et pour le café, ils ont montré qu'un délai d'une heure avant le repas annule lui aussi l'effet[6].
À retenir
Plus le matcha est éloigné des repas riches en fer, plus l’effet s’estompe. Au-delà de deux heures, il devient négligeable.
C'est au moment du repas que l'effet est le plus marqué, mais l'impact réel dépend de votre assiette et de votre profil.
Si votre repas contient de la viande, de la volaille ou du poisson, boire un matcha en mangeant n'a que peu de conséquences : le fer de ces aliments n'est pas concerné.
En revanche, certaines personnes tirent l'essentiel de leur fer des végétaux, ou ont des besoins plus élevés que la moyenne[7] :
Pour ces profils, prendre systématiquement son matcha au milieu des repas peut, à la longue, peser sur les apports. Le réflexe simple : réserver le matcha à un autre moment de la journée.
Le matcha et le fer ne sont pas incompatibles : tout est une question de moment. À jeun le matin, en milieu de matinée ou d'après-midi, votre rituel trouve naturellement sa place sans empiéter sur vos apports. Si vous faites partie des profils sensibles, gardez simplement une heure ou deux d'écart avec vos repas riches en fer.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. En cas de carence avérée, de fatigue inhabituelle ou de doute, parlez-en à un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Il ne l’empêche pas, il le réduit lorsqu’il est bu pendant un repas riche en fer végétal. Les polyphénols du matcha se lient au fer des végétaux et en diminuent l’absorption. Le fer de la viande et du poisson n’est pratiquement pas affecté. Bu à distance des repas, le matcha n’a pas d’effet mesurable.
À jeun le matin, une heure avant le petit-déjeuner, ou en milieu de matinée et d’après-midi, à au moins une heure (idéalement deux) des repas principaux.
Oui, sans problème. Le fer de ces aliments n’est pas concerné par l’effet des polyphénols.
Non. Il suffit de le boire en dehors des repas et d’associer vos repas riches en fer végétal à une source de vitamine C. Si une prise de sang a révélé une carence, suivez les conseils de votre médecin : la question du thé est secondaire par rapport au traitement.
Oui, avec modération. Au-delà du fer, c’est la caféine qui compte : les autorités sanitaires européennes recommandent de ne pas dépasser 200 mg par jour pendant la grossesse, soit environ deux tasses de matcha[9]. Prenez-les de préférence à distance des repas.
[1] Santé.fr (2024). Boire du thé en mangeant empêche-t-il l'absorption du fer ? Ministère chargé de la Santé. https://www.sante.fr/decryptage/nos-reponses/boire-du-en-mangeant-empeche-t-il-labsorption-du-fer
[2] Hurrell, R., & Egli, I. (2010). Iron bioavailability and dietary reference values. The American Journal of Clinical Nutrition, 91(5), 1461S–1467S. https://doi.org/10.3945/ajcn.2010.28674F
[3] Meyer, S., et al. (2023). Catechin composition, phenolic content, and antioxidant properties of commercially-available bagged, gunpowder, and matcha green teas. Plant Foods for Human Nutrition, 78, 662–669. https://doi.org/10.1007/s11130-023-01121-2
[4] Ahmad Fuzi, S. F., Koller, D., Bruggraber, S., Pereira, D. I. A., Dainty, J. R., & Mushtaq, S. (2017). A 1-h time interval between a meal containing iron and consumption of tea attenuates the inhibitory effects on iron absorption: a controlled trial in a cohort of healthy UK women using a stable iron isotope. The American Journal of Clinical Nutrition, 106(6), 1413–1421. https://doi.org/10.3945/ajcn.117.161364
[5] Samman, S., et al. (2001). Green tea or rosemary extract added to foods reduces nonheme-iron absorption. The American Journal of Clinical Nutrition, 73(3), 607–612. https://doi.org/10.1093/ajcn/73.3.607
[6] Morck, T. A., Lynch, S. R., & Cook, J. D. (1983). Inhibition of food iron absorption by coffee. The American Journal of Clinical Nutrition, 37(3), 416–420. https://doi.org/10.1093/ajcn/37.3.416
[7] ANSES. Le fer et Références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021). https://www.anses.fr/fr/content/le-fer
[8] Siegenberg, D., et al. (1991). Ascorbic acid prevents the dose-dependent inhibitory effects of polyphenols and phytates on nonheme-iron absorption. The American Journal of Clinical Nutrition, 53(2), 537–541. https://doi.org/10.1093/ajcn/53.2.537
[9] EFSA (2015). Scientific opinion on the safety of caffeine. EFSA Journal, 13(5), 4102. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2015.4102